Vendredi 22 septembre 2006

 

On connaît bien les raisons qui poussent au début de l’époque moderne l’ensemble des populations européennes à remettre en cause la manière dont fonctionne l’Eglise catholique. Les pouvoirs publics et l’Eglise, premier d’entre eux, apparaissent comme impuissants et corrompus face aux peurs collectives, devant la mort ou le jugement dernier, et, plus prosaïquement, face aux grands malheurs du temps comme les pestes. Les premières voix qui s’élèvent pour réclamer une réforme religieuse s’insurgent d’abord contre les mœurs de religieux suspectés d’avidité et de légèreté. Rien n’indique qu’il en est autrement en Haut-Livradois.

Après la fermeture physique, mais non pas fiscale, de la plupart de leurs prieurés les moines de la Chaise-Dieu doivent donner une image assez éloigné de celle du pieux Saint-Robert. Lointains, ils ont peut-être une réputation tout aussi douteuse que de celle des bénédictins d’Issoire. Riches et relativement puissants ils peuvent parfois entrer en conflit avec une population dont ils sont souvent les seigneurs comme à Saint-Germain-l'Herm ou à Fournols.

Les religieux séculiers ont-ils un comportement plus édifiant ? On peut en douter. Tout d’abord les curés sont apparemment aussi mal instruit que dans le reste du royaume. Ensuite, en ce qui concerne leur manière de vivre, comment pourraient-ils être sans reproche alors que, par exemple, une communauté de prêtres comme celle de Saint-Bonnet-le-Chastel ne dispose que de maigres droits  sur le petit village de Faverol pour assurer la subsistance de près d’une vingtaine de religieux ? Des abus doivent forcément découler d'une telle situation.

Scieurs de long, terrassiers, marchands, les gens du Livradois sont en plus des voyageurs. Certains d’entre eux ont donc pu entrer en contact avec des « réformateurs ». Sans doute sensible à leurs discours ils doivent cependant être attachés à la foi de leurs aïeux et aux habitudes d’une paroisse qui s’incarne dans son curé. La barrière de la langue, dans un royaume aux dizaines de dialectes, et le cantonnement des chantiers sont d’autres obstacles à une conversion en « terres étrangères ».

Des protestants en Haut-Livradois

 

Mais en 1540, dans la ville d’Issoire où convergent les habitants du Livradois pour les besoins de leur commerce, un jacobin allemand diffuse le luthéranisme alors qu’il prêche le Carême. Sept ans plus tard Jean Brugière, dans la même ville, sera exécuté par le feu pour hérésie.

En 1559 c’est au tour d’un pasteur genevois de s’installer sur les bords de l’Allier et d’exposer les thèses de Jean Calvin avant d’être arrêté et pendu.

La contestation religieuse est aux portes du Haut-Livradois ! En réalité elle a même déjà franchi l’Eau-Mère et le col de la Detellée.

 Saint-Bonnet-le-Chastel et Saint-Germain-l'Herm comptent parmi les principaux foyers calvinistes. En 1562, alors que près des 2/3 des protestants auvergnats ont déjà émigrés[1], les anciens de ces deux communautés réclament, encore et toujours, l’envoi d’un pasteur dans une pétition adressée aux frères de Genève. Parmi les signataires on retrouve plusieurs membres des élites villageoises dont, par exemple, Annet Gammonet, vraisemblablement neveu d’un prêtre communaliste de Saint-Bonnet-le-Chastel.

Quelques années plus tard les protestants de Saint-Bonnet-le-Chastel, dont la communauté se disait fille de l’Eglise réformée d’Issoire, sont rattachés au temple de Pailhat (commune de Job). Mais, même si ils ont enfin un pasteur, la plupart des calvinistes du Haut-Livradois ont déjà entreprit, ou vont bientôt entreprendre, de rejoindre Genève[2]. Les communautés réformées de Saint-Germain-l'Herm et Marsac ne survivent pas longtemps aux guerres de religion, aux expéditions du capitaine Merle et aux ripostes des troupes catholiques. Il est raisonnable de penser que ses évènements durent aussi affaiblir la communauté de Saint-Bonnet-le-Chastel[3]. Comment les catholiques auraient ils pu entretenir de bonnes relations avec les coreligionnaires de ceux qui avaient attaqué, assiégé et incendié leur bourg, leur château et leurs maisons ? Plus au nord, après la disparition du seigneur du Lac, la réforme protestante semble n’avoir que peu d’adeptes à l’exception notable du secteur de Bertignat et surtout de Job où est implanté le temple de Pailhat.

 

 L'apparition des jésuites

Au XVIIe siècle en Haut-Livradois le protestantisme semble appartenir au passé. Que ce soit dans les hautes vallées du Doulon, de l’Eau-Mère, de la Dore ou de la Dolore la contre-réforme catholique est apparemment triomphante[4].

Après les contre-attaques militaires, et pour obtenir une conversion complète, sont en effet venu les contre-attaques théologiques et pastorales. Des religieux prêcheurs, frères mendiants et jésuites, parcourent la campagne lors de missions qui semblent avoir rapidement portées leurs fruits. Les jésuites, en particulier, sont à la pointe du mouvement de reconquête spirituelle. Dans les communautés protestantes dépendantes d’Issoire le père Auger aurait ainsi ramener près de 1500 personnes dans le giron de l’église romaine[5].

Bientôt c’est même le Haut-Livradois qui fournit des prédicateurs à la réforme catholique tel Guillaume Sautemouche[6]. Natif de Saint-Germain-l’Herm il est exécuté par des protestants alors qu’il prêche à Aubusson à l’occasion du Carême de 1593. Blaise Chaudesolle[7] est un autre exemple de l’attrait qu’exerce la réforme catholique. Fils du notaire royal de Saint-Germain-l'Herm, il devient lui aussi jésuite. Vénérable père de la Société de Jésus il enseigne au début du XVIIe siècle au sein du collège de La-Flèche (Sarthe). Pour faire réellement triompher la contre réforme catholique, les jésuites sont en effet certain que l’ensemble de la population doit être instruite de la vraie foi romaine.

Dès 1556 a été fondé en Bas-Livradois, à Billom, le 1er collège français, un collège créé et dirigé par la Société de Jésus afin d’instruire les élites et de former des prédicateurs. Les pères y enseignent la « bonne foi catholique » et y dispensent une éducation prisée. Rapidement gros laboureur et bourgeois du Haut-Livradois y envoient leurs fils étudier, manifestant ainsi leur attachement à l’Eglise romaine. Au tournant des XVIe et XVIIe siècles on retrouve ainsi entres autres élèves de cette institution le fils cadet du sergent de ville de Saint-Germain-l'Herm [8], le fils aîné d’un laboureur au Sapt[9], Antoine Chasleil[10], jeune clerc originaire de Bertignat, un des fils du meunier des Moulins du Pont[11], Blaise Marsepoilh[12] originaire de la paroisse de Fournols, Alexandre Guilhadon[13] qui poursuivra ses études à Lyon ou encore Me Jacques Riomet[14] qui souhaite se consacrer à Dieu au sein de l’ordre des capucins[15].

 

 

L'éducation des filles

Les femmes, filles épouses ou mères, doivent elle aussi être instruites. Mais par qui ? Le concile de Trente a en effet mis l’accent sur l’importance de la clôture des religieuses et personne ne souhaite que ce soit des hommes, même religieux, qui éduquent les jeunes filles. Le principe de clôture est cependant écorné en bien des lieux dès le début du XVIIe siècle. La communauté des « Sœurs de l’Hôtel-Dieu de Lyon » regroupent des femmes qui se consacrent aux malades affirmant leur « souhait de chasteté, pauvreté et obéissance » sans pour autant prononcer des vœux ou perdre leur liberté de circuler.

Originaire du Monestier la mère Micolon de Guérines réforme la communauté des ursulines en privilégiant l’accomplissement de tâches apostoliques peu compatible avec des monastères repliés sur eux-mêmes. Il est vrai qu’en 1582 déjà le pape avait reconnu que les ursulines n’étaient pas des religieuses comme les autres puisqu’elles ne prononçaient même pas des vœux solennels. La mère Micolon fonde au début du XVIIe siècle de nombreux couvents en France dont celui d’Arlanc et leur donne pour principale mission l’instruction des jeunes filles « à la doctrine chrétienne et aux bonnes mœurs ». Confronté à l’influence calviniste du temple de Pailhat l’épouse du bailli de Boutonnargues, Marie Minard, est la première bienfaitrice du couvent d’Ambert.

En Haut-Livradois c’est encore une fois du milieu jésuite que proviendra une des initiatives les plus décisive. Le Père Médaille a conseillé et donné des règles de vie à quelques femmes dans la région du Puy-en-Vellay. Ce jésuite les incitent vivement à se consacrer à des tâches caritatives leur demandant « d’aller au devant des gens pour faire connaître Dieu ». Plantant leur « petites maisons » au milieu des bourgs et des villages elles se répandent depuis celles-ci dans les rues et les campagnes visitant les pauvres malades et édifiant chacun par leur comportement modèle. De 1650 à 1670 plusieurs communautés s’ installent ainsi à Arlanc, à Sauxillanges, dans l’hôpital de Saint-Bonnet-le-Chastel puis, de là, dans celui d’Issoire.

Un réseau de couvents, où sont instruites les jeunes filles et futures mères, maille donc tout le massif du Livradois bien avant l’édit de Fontainebleau. Il sera par la suite complété grâce à l’ouverture de maisons de joséphines à Marsac (en 1674) et à St-Amand-Roche-Savine (en 1755) ; mais le résultat recherché est déjà obtenu.

En 1667 il ne reste plus aucun protestants à Saint-Germain-l'Herm. La même année, à St Bonnet le Chastel, seul le gardien du château (dont le seigneur est d'ailleurs un noble breton huguenot) est encore compté comme réformé ; et son épouse est catholique.

Vingt ans plus tard, et au moment de la révocation de l’édit de Nantes, en 1685, la seule communauté calviniste qui se soit maintenue en Livradois est celle du temple de Pailhat (Job) qui compte, sans doute, entre 130 et 150 fidèles.

On peut donc penser qu’à la fin du XVIIIe siècle, le protestantisme appartenant à un passé déjà lointain, l’ambiance religieuse relevait d’un catholicisme très orthodoxe dans les actes, les cœurs et les âmes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] LECLERCQ, F., Histoire de l’Auvergne, p.262.

[2] En particulier plusieurs membres de la famille Porchiers, praticiens, plusieurs membres de la famille Gammonet, marchands (l’un d’entre eux sera même admit comme bourgeois de Genève en 1604) et Jean Montagne laboureur de la paroisse de Saint-Bonnet-le-Chastel.

[3] Malheureusement le livre des habitants de Genève comprend une lacune allant de septembre 1574 à décembre 1584 ce qui ne permet pas de connaître l’émigration auvergnate à une période où elle dut être importante du fait des troubles nombreux en Livradois et dans le Val d’Allier.

[4] Il faut toutefois faire attention car avec la baisse régulière du nombre de protestant au XVIIe siècle il est intéressant de noter l’apparition de deux types de catholiques : les « ultras » qui multiplient les manifestations de piété dans leur testaments (celles-ci disparaîtront presque totalement au fur et à mesure que s’éloignera le temps des affrontements religieux) et les « tièdes » qui mettent parfois plusieurs mois avant de baptiser leurs enfants.

[5] BOURDIN, ibidem., p.230-231.

[6] Fils d’Antoine et de Marguerite Connon né vers 1555, ancien cordonnier et élève du collège de Billom.

[7] Fils de Claude Chaudesolle et d’Antoinette Dufraisse.

[8] Jean Saulve( fils de Julien Saulve sergent royal) c lerc âgé de 25 ans en 1608.

[9] Bertrand Roussel fils aîné de Claude laboureur au Sapt et d’une fille Jammot.

[10] Agé de 26 ans en 1607 il est fils de feu Damien Chasleil du hameau de Chasleil et de Damianne Gonnon.

[11] Me Noel Magaud fils de Guillaume originaire des Gouttes et clerc étudiant à Billom en 1609.

[12] Agé de 24 à 25 ans en 1606 il est fils de Blaise de Chalembel (Fournols) et de Jeanne Fournet.

[13] Fils de Me Jacques de Bertignat et de Jeanne Teyras il est dit clerc en 1609.

[14] Natif de Saint-Germain-l'Herm il est fils de Me Daniel et d’Antonia Bard.

[15] On peut remarquer qu’au début du XVIIe siècle l’influence jésuite a succédé à l’influence calviniste, importante à Saint-Germain-l'Herm 40 ans plus tôt, et qui est encore conséquente à Bertignat du fait de la proximité du temple de Pailhat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Simon Rodier - Publié dans : Penser, croire et prier
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Vendredi 22 septembre 2006
A la fin du XVIIIe siècle, les baux de métayage classaient les plantes cultivées en deux grandes catégories : les blés et les “ fruits de mars ”[1]. Cette terminologie n’est pas sans poser quelques problèmes. En effet, le terme générique de blé, habituellement synonyme de céréale, désignait uniquement le seigle tandis que celui de “ fruit de mars ” était employé tant pour l’avoine que pour l’ensemble des autres cultures de plein champ semées, ou plantées, au printemps[2]. Parmi ces dernières se trouvaient en particulier les légumineuses[3] et surtout des tubercules comme les raves[4] dont Pierre Monghal réclamait deux charretées par an à son métayer de Berthouare ou encore les “ truffes ”, pommes de terre issues d’une variété américaine importée par Parmentier.
Chacune de ces plantes avait un intérêt spécifique pour l’agriculteur et occupait une place particulière dans le fonctionnement des structures et des communautés visant à la subsistance.
 
La céréaliculture
L'’inaptitude des sols n'enlevait rien au fait que les céréales étaient, au XVIIIe siècle, à la base de l'alimentation. Les terres labourables devaient donc leur être consacrées pour une part importante de leur superficie. Pourtant, parmi toutes les variétés existantes, seules deux étaient fréquemment citées dans les textes du XVIIIe siècle : le seigle et l’avoine. Si toutes deux avaient l’avantage d’être relativement rustiques, elles n’occupaient pas nécessairement la même place dans la vie des habitants du Haut-Livradois.
  
 
Le seigle
 
Appréciant les sols acides et ne craignant pas trop le froid, le seigle semblait tout indiqué pour le Haut-Livradois. Dans les écrits du XVIIIe siècle en tout cas, c’est cette plante que l’on rencontre le plus fréquemment. Ce sont ces grains qui sont le plus souvent vendus, prêtés ou échangés. Le seigle était même la seule plante à entrer dans la composition des pensions aux veuves[5]. Il avait en effet l'immense avantage, par rapport à d’autres céréales, tel l'avoine par exemple, de produire une farine panifiable de bonne qualité nutritionnelle. En la quasi- absence, apparente en tout cas, du froment[6], cette farine aurait pu être une des bases de l’alimentation.
L'étude, dans la zone “ Dore-et-Dolore ”, des devoirs de sortie (c'est à dire de ce que devaient laisser les métayers lorsqu'ils quittaient un domaine[7]) nous apporte sur ce point des renseignements utiles. On peut en effet y constater que dans presque tout les cas les propriétaires de domaines imposaient aux colons d'ensemencer une certaine surface de seigle. Or, ce devoir ne s'accompagnait d'un labour pour “ les fruits de mars ” que dans la moitié des métairies et il est bien certain que le calendrier des travaux champêtres n’est pas le seul à expliquer cette distorsion. Quels que soient les baux, cette dernière superficie était par ailleurs toujours nettement inférieure à celle ensemencée de seigle. Dans certains des plus grands domaines elle correspondait environ à sa moitié soit un tiers des terres à rendre préparées. Dans les autres elle constituait souvent, et comparativement, une surface encore moindre : une éminée au domaine du laboureur Roussel à Bovayes, 10 cartonnées dans le domaine d'Etuy ( contre environ 7 seterées de seigle). Cette indice corrobore le sentiment diffus qu’on peut se faire en parcourant toutes les sources du XVIIIe siècle et que l’on peut conforter en étudiant les recensements agricoles du XIXe siècle[8]. A l’époque moderne, le seigle était bien, en Haut-Livradois, la culture de labour prépondérante. Elle était aussi l'une des moins contraignantes en soins. Bien sûr, il s'agissait d'une plante au développement particulièrement long. Semée en octobre dans des terres biens préparées, sa germination nécessitait une longue période d'hivernage qui la soumettait à de nombreux risques, dont l'inondation lors de la fonte des neiges. Mais jusqu'aux mois de juillet - août, période de la récolte, ce grain ne demandait pas beaucoup de soin.
En revanche, l’épi du seigle étant relativement fragile, la durée de la saison agricole pour les moissons devait être très réduite. C'était d'ailleurs pour cette raison que les paroissiens de Chambon avaient demandé à l'évêque le déplacement de leur fête patronale[9]. Elle tombait en effet traditionnellement en plein milieu des grands travaux agricoles de l'été et privait les brassiers chambonois d'une journée de salaire, mais aussi les propriétaires de Saint-Bonnet-le-Chastel d'un indispensable appoint de main d'œuvre. Pendant les rares périodes disponibles pour la culture, le besoin de main d'œuvre, à la tâche ou à la journée, se trouvait donc très concentré. Cette offre de travail ponctuelle pouvait d’ailleurs autoriser d’éventuels brassiers migrants à revenir plusieurs étés, voire chaque année, en Haut-Livradois. Ainsi, un individu ayant choisi de quitter ce pays pour des raisons économiques pouvait y faire des retours épisodiques sans pour autant trop fragiliser sa situation financière. Réciproquement, de la part de l’ensemble des exploitants agricoles, la demande de main d’œuvre devait pouvoir être trop forte à certaines périodes au regard de l’offre. Les habitants de la zone “ Haute-Dolore-et-côtes-de-Mons ” se plaignaient d’ailleurs, par l’intermédiaire de leurs consuls, d’une manière collective de ce problème posé à tous[10]. Si à la moisson, chaque Maison devait donc déjà pouvoir disposer de tous ses bras, ceux-ci pouvaient même venir à ne pas suffire. C’est ce qu’entreprirent d’expliquer les membres de la municipalité de Sainte-Catherine lorsque l’intendant leur demanda comment pouvait fonctionner leur système agricole[11]. Selon eux c’était uniquement grâce au respect d’une règle essentielle qui voulait que tous les habitants “ se servent l’un l’autre ”. On retrouve cette image de la main d’œuvre solidaire qui veut que chaque paysan assistait autrefois son voisin pour la culture de ses champs. Très bucolique, elle n’en conserve pas moins une réalité. Dans les communautés du Haut-Livradois, les notions de solidarité et d’assistance pouvaient l’emporter sur celle de stricte propriété. A Sainte-Catherine-du-Fraisse au moins, il était hors de question de ne s’occuper que de son bien, de sa terre, en ignorant la situation de ses voisins. Le seigle, base essentielle de l’alimentation pour tous, était un enjeu économique partagé.
Mais comme toute source de richesse, le seigle pouvait aussi être une source de conflit. Les gerbes entassées dans les champs devaient être à l’origine de bien des tentations et apparemment le vol de blé n’était pas un acte excessivement rare. Ainsi, même le foyer et la famille des Vernets de Losfeneyrols s’y adonna[12]. La situation de celle-ci était pourtant relativement aisée, leur Maison était l’une des plus puissantes et influentes de la paroisse de Doranges et les associés comme les domestiques y étaient d’ailleurs nombreux. Aucun impératif économique ne semble donc avoir poussé ses membres à dérober 350 gerbes à Benoît Roussel, laboureur de Marchaud[13]. Annet Chapus qui représentait l’ensemble des Vernets à la transaction, avait pour seul ligne de défense sa bonne foi. Selon lui, les gerbes étaient dues à sa mère. Quand on sait que le seigle avait été ramassé en pleine nuit, cette bonne foi peut nous apparaître douteuse et pourtant Annet Chapus pouvait être réellement sincère. Voler du blé n’était pas nécessairement une action strictement crapuleuse à but financier mais plutôt, pour celui qui avait le sentiment d’être lésé par un tiers, ici Benoît Roussel, un acte de réparation et d’auto-justice. Le seigle, qui occupait une grande part de l’espace agricole, était après tout un objet essentiel des relations de solidarité et d’échanges, en particulier par l’intermédiaire du prêt de soudure[14]. Au XVIIIe siècle les testaments sont nombreux à mentionner ces prêts de quelques carton de blé n’ayant le plus souvent fait l’objet d’aucun écrit. Dès lors, cette accusation de vol de seigle ne pouvait pas être lancée à la légère du fait de sa gravité et de sa charge en sous-entendus. Claudine Pouyade de Leuromas, mise en cause dans une affaire semblable, n’était ainsi pas prête à se laisser diffamer sans réagir[15]. Ce fut donc elle qui porta plainte au bailliage et non Jean Couderas, son voisin et accusateur. Pour justifier ses paroles et accusations, ce dernier invoqua un “ moment de vivacité ” qui lui avait fait perdre toute mesure et toute proportion dans ce qui retentissait à travers toute la région comme une grave injure. Mais le mal était fait et Claudine Pouyade réclama entre autre une rétractation écrite devant le bailli où sa probité serait reconnue.
Malgré son importance économique et culturelle le seigle ne devait pourtant pas être pas la seule plante à impliquer les paysans dans le jeu des solidarités paysannes et villageoises. Il est vraisemblable que le constat fait par la municipalité de Sainte-Catherine-du-Fraisse sur les services respectifs devait aussi s’appliquer aux autres céréales comme l’avoine.
 
 
L'avoine
 
L’avoine était apparemment la seule céréale de printemps régulièrement exploitée. Sa culture était relativement simple, semailles en mars - avril et moisson en été. Pourtant, comme je l’ai déjà signalé pour les domaines de la zone “ Dore-et-Dolore ”, elle semble cependant avoir été bien moins répandue que celle du seigle[16]. Des raisons économiques ont pu amener cette situation. Non panifiable, l’avoine était en effet de moindre valeur que le seigle. De plus, le rendement des deux céréales semble avoir été très voisin et, quand il lui était un peu supérieur, comme à Saint-Genès-la-Tourette, il n’y dépassait pas le troisième grain[17]. Financièrement, cultiver de l'avoine était donc de peu d'intérêt. Ainsi, un carton semé ne pouvait rapporter que 15 sols, la semence déduite, alors qu'un simple quintal de foin en valait 20 et une couverture de Catalogne au moins 200[18]. Un autre indice de l’aspect minoritaire de la culture de l’avoine par rapport à celle du seigle est encore fourni par certains baux de la zone “ Dore-et-Dolore ” Il y était en effet parfois précisé que sur 6 ans une terre ne porterait que trois récoltes quelques en soit le type[19]. L’existence d’une jachère biennale ne permettait et ne justifiait donc pas la culture d’un “ blé ” de printemps.
Les collectes d’Aix, d’Echandelys et de Saint-Genes-près-Chaméane semblent cependant faire exception. Si on se réfère aux enquêtes faîtes en 1788[20], et aux quelques exemples concrets de laboureurs qui y sont donnés, les quantités d'avoines semées et récoltées semblent avoir été les mêmes que celles du seigle. Un tiers de la surface des exploitations, citées en exemple par les syndics, était ensemencé de seigle, un autre tiers l’était d’avoine, le dernier tiers restant vraisemblablement en “ temps mort ”, c'est à dire en jachère. Dans les hautes vallées du Veysson et du ruisseau de la Maillerie, la rotation des cultures s’établissait donc sur un cycle triennal.
Pourquoi donc cette distorsion entre les deux zones. Deux hypothèses d’explication semblent pouvoir être proposées. La première serait celle d’une plus grande fertilité du haut bassin de l’Eau-Mère par rapport à ceux de la Dolore et de la Haute-Dore. Le socle géologique étant aux deux endroits le même, et les processus érosifs et de pédogenèse voisins, cette hypothèse ne peut pas vraiment tenir à l’analyse. La seconde est plus crédible dans la mesure où on prend en compte le fait que les sources et les objets analysés ne sont pas les même selon les zones. On peut en effet considérer que l’existence d’une grande superficie de pacages et de prés communaux dans la zone Eau Mère permettait de nourrir les bestiaux des laboureurs pendant toute la saison sans neige, et ce sans avoir recours aux fourrages d’hiver. Tous les prés étaient donc fauchables car non pacagés. Or ce recours aux communaux n’était pas possible dans la plupart des domaines de la vallée de la Dolore. Il était peut-être alors plus rentable de laisser des jachères-pacages pour les bestiaux plutôt que de cultiver une avoine dont le setier se payait à peine 6 livres[21]. Les champs n’en étaient alors que mieux fumés, et mieux reposés, et l’ensemble des pâtures privées réservées à la fauche pour le fourrage d’hiver.
Si en revanche cette pratique de la jachère bisannuelle, dans les domaines de la zone Dore et Dolore, n’était rien de plus que la stricte application des pratiques culturales ambiantes, le problème se poserait encore en des termes différents. Ce constat n’a pu être fait pour la fin du XVIIIe siècle mais il existe une tradition orale qui plaide pour cette rotation à cycle biennal. Il faut bien sûr s’en méfier, la mémoire commune étant fréquemment accablante pour le passé. Si cependant elle était le reflet de la réalité, les raisons des différences entre ces deux zones seraient sûrement d'avantage complexes à établir. Il faudrait peut-être s'intéresser aux servitudes collectives qui si elles avaient été moins fortes car moins bien installées dans la zone « Dore et Dolore » que dans la zone “Haut-Bassin-de-l’Eau-Mère” n’auraient pas pu permettre une rotation efficace sur trois soles par un non-respect des bans.
 
Au delà de ces différences, où qu'elle se trouve en Haut-Livradois, une terre ne pouvait pas porter, en dix ans, plus de six récoltes, voire en certains endroits plus de trois. Pour le paysan, cette faible productivité de chaque parcelle était de surcroît renforcée par un espace agricole tout autant réduit dans le temps que dans la superficie. Pour modérer ces inconvénients, le paysan pouvait toutefois élargir sa gamme culturales à d’autres plantes non céréalières comme les légumineuses[22] ou encore les tubercules, au premier rang desquelles était la “ truffe ” ou pomme de terre.
 
 
 
Le développement de la culture de la pomme de terre
On ne sait pas si le constat fait par Abel Poitrineau[23] pour les Monts du Forez, où la pomme de terre aurait pu constituer “une base de l'alimentation [...] à la fin du règne de Louis XV ” est généralisable au Haut-Livradois voisin. Dans la zone “ Dore-et-Dolore ”, plusieurs actes notariés semblent cependant indiquer qu’elle s'implantait toutefois doucement. En 1764, si Claude Maistre, notaire royal à Saint-Bonnet-le-Chastel dut imposer à son nouveau métayer de Bovayes d'en semer deux setiers, il n'avait plus, quatre ans plus tard, pour le domaine Fauchier, qu'à passer un bail à mi-fruits, qu'ils soient de “ blés ou de truffes ”[24]. Dans cette zone, le précieux légume commençait donc déjà à modifier les pratiques culturales, du moins dans certaines métairies. Dans la zone “ Côtes-de-Mons-et-Haute-Dolore ”, il semble que ce tubercule se soit aussi répandu. En fait, les baux de métayage ne nous sont d’aucune utilité pour cette région, car apparemment toujours muet sur la questions des truffes. Toutefois les minutiers renferment d’autres sources qui peuvent parfois suppléer à ce vide. Un procès-verbal d’usurpation de communaux peut ainsi nous permettre de répondre en partie à la question de la généralisation de la pomme de terre et de sa culture. En effet, en 1783, sur les 92 parcelles usurpées, défrichées et exploitées dans les communaux situés le long du chemin reliant le bourg de Saint-Eloy au village de Buisson, 31 étaient déclarées comme plantées de “ truffes ”[25]. Il faut toutefois préciser que ces parcelles étaient bien moins étendues que celles consacrées aux céréales (de l’ordre de trois à quatre coupées contre deux à trois cartonnés pour l’avoine ou jusqu’à une seterée pour le seigle). Mais, tout en restant minoritaire sur le plan des superficies cultivées, il apparaît manifeste que l’exploitation de la pomme de terre était diffusée dès la fin des années 1770 dans la plupart des foyers de paysans. Cette généralisation, même si elle n’était pas totale, devait pouvoir faire du tubercule un objet économique comme les autres et donc, tout comme le seigle, un bien soumis au vol. Marguerite Montel et son fils Guillaume Palet s’était ainsi “ appropriés de voie de fait ” une partie de la récolte semée par leur voisin Pierre Merle[26]. L’affaire était d’autant plus complexe que la plantation avait été effectuée dans une portion du coudert des Besseyres, c’est à dire sur des terres qui étaient théoriquement communes aux deux parties. Ce point est d’ailleurs remarquable car les rares fois où les notaires mentionnaient l’existence de cultures de truffes dans la zone “ Haute-Dolore-et-côtes-de-Mons ”, celles-ci étaient intimement liées à des usurpations[27]. On peut difficilement tirer de ce fait des conclusions très nettes tant les lacunes de la recherche sont dures à combler dans ce domaine de par la rareté des sources. Toutefois, il semble possible d’affirmer que les paysans rechignaient un peu à développer l’exploitation du tubercule sur des fonds propres. L’insistance de Claude Maître le notaire de Saint-Bonnet-le-Chastel à faire réserver des terres de sa métairie pour les « truffes » peut d’ailleurs être comprise dans ce sens[28]. Cette "nouvelle" culture qui se répandait au détriment de l’avoine pouvait donc, d’une certaine manière, être repoussée dans les franges et la marginalité des exploitations agricoles, les vacants, les terres les moins fertiles des métairies, les communaux où la privatisation des terres était précaire. Cette défiance à intégrer ce légume dans les cultures centrales de l’exploitation peut s’expliquer de manières parallèles. D’une part, le cultivateur ne souhaitait sans doute rien faire au détriment des céréales et principalement de ce seigle si nécessaire à la vie sociale comme au paiement du cens et aux débouchés économiques anciens et sans doute mieux assurés. D’autre part, la pomme de terre réclamant des soins pendant une longue durée, sa culture impliquait des contraintes auxquelles la société altilivratenaise du XVIIIe siècle n’était peut-être pas encore préparée.
Les procédés de cultures de la pommes de terre, plante sarclée, n'avaient en effet rien de commun avec celles des céréales. Il fallait tout d'abord effectuer un premier labour d'automne puis un second au printemps. Après avoir plantée, et non semée, la pomme de terre, il fallait la recouvrir et effectuer un ou plusieurs sarclages. La récolte, enfin, ne consistait pas en une fauche suivie d’un battage (qui éventuellement pouvait être différé dans le temps) mais en un arrachage et un ramassage où le rapport à la plante récoltée était tout différent, la force brute du paysan perdant un peu de son importance. Ces techniques devaient nécessairement s’intégrer ou modifier les habitudes et les traditions pour permettre la diffusion de cette plante. L’appropriation de parcelles au sein même des communaux était une solution pour une culture qui, à priori, ne se substituait pas mais se superposait à celle des céréales, les soins à prodiguer ne l’étant d’ailleurs pas au même période. Seule racine à avoir vraiment quittée le jardin pour les champs[29], tout chez elle en faisait une culture de marge par rapport aux traditions agricoles. Par ailleurs sa culture ne se heurtait pas nécessairement à un manque de bras. Les hommes n’étaient pas, au moment de sa plantation ou de sa récolte, occupés par d’autres travaux sur les cultures céréalières tandis que les femmes et les enfants de glaneurs aux faibles rendements devenaient d’efficaces ramasseurs. Par ailleurs, si elle avait besoin de nombreuses petites mains, en particulier pour le sarclage, cette culture ne nécessitait l’existence d’aucunes contraintes communautaires, ce qui n’était pas forcément le cas des céréales. Chaque exploitant pouvait en effet décider de la date à laquelle il voulait ramasser sa récolte sans pour cela risquer de coucher celles de ses voisins. En revanche le développement de son implantation courait le risque d’être rapidement limité par le manque de terres ayant un intérêt agricole. "Essayée" dans les communaux la pomme de terre y avait donc fait ouvrir des champs qui pour certains n’avaient pas tardés à se clore de haies et de fossés prenant ainsi tous les aspects de la propriété privée[30].
 
 
 
Ainsi, pour s'alimenter à la fin du XVIIIe siècle, le paysan du Haut-Livradois ne cultivait qu’une série limitée de plantes de labours. Il fallait donc qu’il tire le meilleur de ces quelques espèces. Pour assurer son avenir il devait s’appliquer à leur culture espérant que la récolte serait bonne et permettrait aux siens de subsister. Il fallait qu’il se règle sur les exigences de ces plantes et qu’il règle son exploitation, donc sa maison, de la même manière. Il devait en particulier pour la récolte des céréales disposer entre juillet et août d'un nombre important de moissonneurs travaillant ensemble. Le développement de la pomme de terre, dont la récolte pouvait commencer dès la fin des fenaisons et se poursuivre jusqu’au mois d’octobre, ne faisait d’ailleurs que renforcer le besoin d’une main d’œuvre mobilisable entre juin et septembre.

Ensuite, le seigle et l'avoine étant des plantes à tendance hydrophobe, le paysan devait organiser le drainage de ses champs. Or ce drainage, comme l'irrigation sur les terres “ très arides ” des côtes et des sucs, était une opération nécessitant un accord entre tous les propriétaires du terroir. Dans les contrats de partage des eaux l’enjeu était d’ailleurs toujours celui de l’irrigation et de l’alimentation des serves et jamais la fourniture d’une eau à usage domestique

Enfin, à partir de l’instant où la culture de la pomme de terre commençait à se répandre dans les biens privés et en vertu de la règle “ seigle sur pomme de terre ”[31], elle permettait pour ses fonds propres un recours à la jachère moins systématique. Mais alors la disparition de ces friches temporaires pouvaient être susceptibles d’affaiblir la pratique de l’élevage dans une région où l’entretien estival des bestiaux aurait pu s’appuyer sur le pacage des jachères.


[1] Baux d’assence contenus dans l’ensemble des minutiers étudiés.
[2] Les labours pour les fruits de mars sont une clause importante dans de nombreux baux de métayage (d’après l’ensemble des minutiers étudiés).
[3] A la différence de la région d’Issoire le pois est peu cultivé et il est plutôt remplacé par le haricot, moins gourmand en terme d’eau et de fertilité. Toutefois ce dernier ne couvre lui aussi qu’une part marginale des champs et reste essentiellement cantonné aux jardins.
[4] Essentiellement utilisées comme complément d’alimentation pour le bétail.
[5] d'après les constitutions de pensions et les contrats de mariage contenus dans les minutiers Barrière, Chaboissier et Chassaignon.
[6] Cette absence est totale dans les actes, en particulier notarié, du XVIIIe siècle, et même dans les recensement agricoles du XIXe siècle (archive municipale de Saint-Bonnet-le-Chastel), la culture du froment apparaît comme relativement marginale.
[7] Minutier Chassaignon et AD63 C 3755.
[8] Archives municipales de Saint-Bonnet-le-Chastel et Novacelles.
[9] AD63 1 G 1107 (Procès Verbal de la visite de l'évêque).
[10][ AD63 4 C.425 (enquête de 1788 sur les populations de Basse-Auvergne).
[11] AD63 4 C.425 (enquête de 1788 sur les populations de Basse-Auvergne).
[12] Minutier Chassaignon année 1764 (transaction Chapus-Roussel).
[13] Commune de Saint-Bonnet-le-Bourg.
[14][ Ceux-ci laissaient peu de traces écrites et on ne peut les repérer que lorsque sont remémorés les dettes orales dans les testaments et dans quelques transactions (d’après l’ensemble des minutiers étudiés en particulier ceux des notaires Barrière, Chassaignon, Faugière, Maignet et Roche).
[15] Minutier Roche année 1781 (transaction Pouyade-Couderas).
[16] et ce même en considérant que les dates d’entrée dans les métairies pouvaient infléchir les devoirs de sorties.
[17] AD63 4 C 425 (enquête de 1788 sur les populations de Basse-Auvergne).
[18] AD63 4 C 425 et ensemble des minutiers étudiés.
[19] Minutier Chassaignon.
[20] AD63 4 C 425.
[21] AD63 4C.425 (enquête de 1788 sur les populations de Basse-Auvergne).
[22] L’existence de quelques champs de fèves en “Haute-Dolore-et-côtes-de-Mons ” est avérée d’après l’étude systématique du minutier Roche mais la pratique semble avoir été très marginale et circonstancielle. Le domaine des haricots devaient en effet rester le jardin.
[23] POITRINEAU, Abel, Remues d'hommes : Les migrations montagnardes en France. 17e - 18e siècles, Paris, 1983, p.10
[24] Minutier Chassaignon années 1764 et 1768 (baux d’assence)
[25] Minutier Roche année 1783 (procès-verbal des usurpations des communaux du Buisson).
[26] Minutier Roche année 1781 (transaction Montel-Merle).
[27] Minutiers Tardif, Roche et Barrière Jean-François.
[28] Ibidem.
[29] Même si cela semble avoir été des superficies bien moindre que celles consacrées aux céréales.
[30] Minutier Roche année 1781 (procès-verbal des usurpations des communaux du Buisson).
[31] Le seigle pousse en effet mieux sur une parcelle cultivée l’année précédente en pommes de terres.
Par Simon Rodier - Publié dans : Subsister
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Vendredi 22 septembre 2006
La définition des limites des châtellenies altilivradoises n’est pas une chose évidente. Nous disposons pourtant d’un document exceptionnel, le rôle de la taille au 4 cas, établi à l’occasion de l’adoubement de Philippe de Rouvre, fils de la Reine Jeanne.
Celui-ci a déjà souvent été exploité par les érudits locaux, en particulier dans le cadre d’une histoire démographique.
Une liste sommaire des villages médiévaux implantés sur le territoire de la châtellenie de St Bonnet est ici dressée, faisant le point sur un certain nombre de découvertes récentes.

1- Les Menettes, (paroisse de Fournols)
Ce village, noté Maysonnettas en 1352, a récemment été identifié et localisé par Monique Lemée.

2 -Les Ayes, (paroisse de Chambon)
Ce village, de taille déjà conséquente au XIVe siècle, a pour seigneur celui de Saint-Bonnet.
Les seigneurs de Guérines y disposent cependant de droits importants.

3- Chambon, (paroisse de Chambon)
Le bourg paroissial ne relève pas de la châtellenie de St-Bonnet mais dépend de l'abbaye de la Chaise-Dieu (puis du chapitre de Laqueuille). Chambon-l'Air en revanche était un petit fief au main de la famille « Bardon de la Monnerie » au XVIIe et XVIIIe siècles.

4- La Farge, (paroisse de Chambon)
La Fargha au XIVe siècle.
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, disparaîtra au cours du XIXe siècle.
L’étymologie du nom de ce village semble indiquer la présence d’une forge médiévale.

5- Le Montel, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Monchels au XIV; Montel dos retz auXVII; Montel Doré au début du XVIIIe siècle.
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, pourrait avoir autrefois été implanté un peu plus au nord, sur la paroisse de Chambon.
L'étymologie du nom de ce village peut être mis en rapport avec sa situation élevée à proximité de bois giboyeux où auraient pu être installés des filets de chasse.

6- Malpertuis, (paroisse de Chambon)
Maupertus au XIVe siècle.
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.


7- Coissette, (paroisse de Chambon)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.
A la fin de l'ancien régime Coissettes est le lieu habituel de résidence de la famille « Teyras-de-Coissettes » qui y possède une gentilhommière et un domaine. Leur tombeau est cependant resté dans l'église de St-Bonnet.

8- Bois de Coisse (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Coysse au XVe ; la Grange borie au XIXe siècle.
Au XIVe siècle il existe sans doute encore à Coisse un château siège d’un petit fief s’étendant jusqu’à Pavagnat..
La famille éponyme s'installera dans la plaine d'Arlanc « fondant » un deuxième village de Coisse qui existe toujours

9- Rousson (paroisse de Chambon)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui mais la tradition locale veut qu'il ait été déplacé au XVIIe siècle suite à un incendie.

10- Pavagnat (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Pavanhac au XIVe siècle
Ce village n'est pas taillé en 1352 car il relève alors directement du seigneur de Coisse. Il existe encore aujourd’hui.
Le nom de ce village semble indiquer une fondation gallo-romaine.

11- Mirat (paroisse de Marsac)
Meyrat au XIVe siècle
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.
Son nom semble indiquer une fondation d’époque gallo-romaine.

12- Solier (paroisse de Marsac)
lo Soler au XIVe siècle.
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, dut disparaître à la fin de l'époque moderne. Un ruisseau en a conservé le nom

13- Croupière (paroisse de Marsac)
Courpayre au XVIIe siècle
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

14- Riodanges (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Riudanghas au XIVe siècle.
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

15- Lyrodie (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Les Roudis au XVIIe siècle.
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

16- Le Besset (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

17- Le Mavel (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Masueils au XVIIe siècle.
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

18- La Guelle (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, disparaîtra au cours du XIXe siècle. A proximité, s’édifiera la ferme des Patureaux.

19- Le Fraisse (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

20- Bovayes (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Beauveyre ; Belvaioles
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.
Au Xe siècle il était possession des vicomtes Dalmas.

21- La Grange (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, disparaîtra au XXe siècle.
Il était implanté à proximité d'un ancien four à poix déjà cité au Xe siècle.

22- Les Cluzels (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Les Clusels ne sont pas concernés par la taille de 1352 car leur territoire constitue, sans doute depuis déjà longtemps, un fief noble tenu par une famille « du Cluzel », connu également comme seigneur d'autres lieux tel le Poyet ou Faverol.
En 1365 Hugues du Cluzel obtient l’autorisation de fortifier les murs de son château.
A la fin du Moyen-Âge cette petite seigneurie sera divisée en deux, le Cluzel-Haut, dont les propriétaires continueront à se titrer de seigneur du Cluzel, et le Bas-Cluzel, dont le destin sera liée à la seigneurie et au domaine de Coisse.

23-Saint-Bonnet(-le-Bourg) (paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
Si le pouvoir de justice y est partagé entre le prieur du lieu et le bailli de St-Bonnet-le-Chastel, le bourg paroissial ne relève que des moines de la Chaise-Dieu en ce qui concerne les questions fiscales.

24- Martiange, (paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
Maretanghas au XIVe siècle.
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, disparaîtra avant le XVIIIe siècle laissant cependant son nom à un terroir.
Son nom semble indiquer une fondation du Bas-Empire (la villa de Martius),

25- Maison seule (paroisse de Fayet)
Mayso sola au XIVe siècle.
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, disparu sous l’Ancien Régime, constituera encore un lieu-dit au XIXe siècle.

26- Losbardet (paroisse de Dorange)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

27- La Brugerette (paroisse de Dorange)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

28- Chanal
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, n'a pas pu être localisé.

29- Champciaux (paroisse d'Arlanc)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.
Au XIVe siècle ce village semble partagé entre les châtellenies de Saint-Bonnet-de-Novacelles et d'Issandollanges.

30- Best (paroisse de Novacelles)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

31- Tyr (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Ce village existe encore aujourd’hui.
Au Moyen-âge il dépend directement du chapelain du château de St-Bonnet-le-Chastel (dont les biens et fondations passeront ensuite à la communauté des prêtres communalistes).

32- Novacelles (paroisse de Novacelles)
Bourg paroissial, un petit château y est installé jusqu'à sa destruction lors de l'expédition du Capitaine Merle.

33- La Brugère (paroisse de Novacelles)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

34- La Savoie, (paroisse de Novacelles)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

35- Choutardie, (paroisse de Novacelles)
La Chaucardia au XIVe siècle
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, est depuis longtemps disparu et n’a pas pu être localisé avec plus de précision.
En 1336 Jean Arger d’Issandollanges rendait hommage, pour des cens qu’il y percevait, à la veuve de Pierre Maurice.

36- Monteil, (paroisse de Novacelles)
Le Montels au XVIIe siècle
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

37- Fontenilles, (paroisse de Novacelles)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

38- Perpillanges, (paroisse de Saint-Sauveur)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

39- Ferroussac, (paroisse de Mayres)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

40- Lascox
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, n'a pas pu être localisé.

41- Veilhes, (paroisse de Novacelles)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

42- La Friteyre, (paroisse de Novacelles)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

43- Besse, (paroisse de Saint-Sauveur)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.
Il était apparemment partagé entre les châtellenies de St-Bonnet et de Clavelier.

44-Chante-oiseau, (paroisse de Saint-Sauveur)
Chantagrelh au XIVe siècle
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, a disparu depuis longtemps. Son terroir en conserva ce »pendant une trace toponymique jusqu’au XIXe siècle.

45- Audebert, (paroisse de Novacelles)
Pont d’Odebert [lieu dit] au XVIIe siècle
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, a disparu depuis longtemps.
Le nom de ce village signifie littéralement "gué sur l'eau", en l'occurrence sur la rivière Dolore.

46- Le Mas, (paroisse de Saint-Bonnet-le-Chastel)
lo Mas Sancti Boniti au XIVe siècle
Le Mas de St Bonnet, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, était situé un peu au dessus du bourg et château.
A la fin de l'ancien régime il constitue un domaine agricole propriété de la famille Monghal dont plusieurs membres seront tout à la fois bailli et châtelain de Saint-Bonnet (et Novacelles), Issandollanges (et Doranges), Riol (et Chaumont) et Clavellier

47- Saint-Bonnet-le-Chastel, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Sancti-Boniti-Castri au XIVe siècle ; Bonnet-Libre en 1793
Au XIVe siècle le bourg de Saint-Bonnet bénéficie d'une exemption de la taille aux 4 cas apparemment en vertu d'une charte de franchise de 1277.
Il n’existe sans doute alors encore aucun des faubourgs qui se développeront à l’époque moderne (faubourg de la Citadelle, faubourg de la Bourgeade ou Beauregard, faubourg de Cholard, faubourg de St Antoine et faubourg de Fousson).

48- le Moulin Neuf, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Ce « nouveau » moulin banal est mentionné pour le première fois en 1307.
Le village reste longtemps entouré d’importants communaux dont jouissent les habitants du bourg de Saint-Bonnet-le-Chastel et du village du Moulin Neuf.

49- Volpillon, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Domaine aux époque moderne et contemporaine, il n’est pas inscrit au rôle de taille car il constitue au XIVe siècle un fief tenu alors par une famille du même nom.
En 1307 Benoiste de Volpillon rendait déjà hommage au seigneur de Saint-Bonnet pour plusieurs cens perçus sur la châtellenie d’Isandollanges et en 1367 noble Aymar de Volpillon est encore dit seigneur du Volpillon.


50- Chanonet
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, n'a pas pu être localisé.

51- Faverol, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Au XIVe siècle la possession de ce gros village passe des seigneurs du Cluzel à la communauté des prêtres de St-Bonnet-le-Chastel, en dédommagement en particulier de messes non payées.
Il n'est donc pas inscrit au rôle de la taille de 1352.

52- lo Bialh, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, n'a pas pu être localisé avec certitude. Il était sans doute implanté sur le terroir des Biais, futurs communaux des habitants du Cros et de la Gravière.

53- Charraud, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

54- Chabrier, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.
En 1293 Pierre Maurice, seigneur de Saint-Bonnet achetait à Bertrand Dumas des cens à Chabrier.
A la fin de l'ancien régime le tènement de Chabrier comprendra un domaine agricole et un moulin distant de quelques kilomètres.

55- Le Cros & 56- la Gravière, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Si la ferme de la Gravière disparaîtra au XIXe siècle, le village du Cros existe toujours aujourd’hui.

57- Pulby, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Pelben au XVIe siècle
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

58- Veilhes, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

59- Lassagne, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

60- Fontille, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Fontelh au XIVe siècle.
La zone qu'occupe ce village, Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, se transformera au Bas Moyen Age en des terrains communaux pour les habitants de Losmeix et Lassagne. Ceux-ci en exploitaient déjà les terres agricoles suite à l’abandon du tènement.

61- Losmeix, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Maux au XVIe siècle.
Ce village qui existe déjà au Bas Moyen Age, un émouloir et des fouloirs y étant installés n’apparaît pas dans le rôle. Selon Aline Vallee-Karcher il dépend en fait, en 1352, de la châtellenie de Roche-Savine.

62- Tronchelier, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Trancholes au XIVe siècle.
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, semble avoir disparu au Bas Moyen Age.
En 1340 Guillaume Vachou de Vaca y possède encore des droits.

63- Charpol, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Selon Aline Vallee-Karcher ce village dépend, en 1352, de la châtellenie de Roche-Savine.

64- La Collange, (paroisse de St-Bonnet-le-Chastel)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, disparu au Moyen-âge laissant cependant une trace toponymique.
La tradition orale veut qu'un autre, celui des Bessenes, ait été reconstruit à proximité mais il disparut lui aussi, dans un incendie, au XVIIe siècle.

65- Fenérol, (paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

66- Boissone, (paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
Boissonouze
Ce village n'apparaît pas sur le rôle de 1352 car il constitue un fief, sans doute lié à l'existence de la motte castrale de Jagot (celle-ci faisait face, à l’époque médiévale à celle de Berny qui relevait sans doute de la seigneurie de Guérines).
Ce fief est tenu au XIVe siècle par une famille éponyme. Ainsi Dalmas de Boissonouse, en 1307, et Chatard de Boissonouse, en 1328 & 1334, rendent hommage pour divers cens au seigneur de Saint-Bonnet et, en 1367, Claon de Boissonouse est encore seigneur de Boissone.

67- Aubiange, (paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
De cet ancien village subsiste le nom d'un terroir et celui d'un ruisseau.
68- Tremolaye,(paroisse de Dorange)
Tremoloyas au XIVe siècle.
Je n’ai pu localiser ce village avec précision mais des terriers étudiés dans « Dore et Dolore » par Aimé Ducros semble indiquer que le tènement de Trémolaye se trouvait aux confins des paroisse de St Bonnet le Chastel, Dorange et St Bonnet le Bourg.

69- Veyssière & 70- Gonlaude, (paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
la Vayssa Velha au XIVe siècle
Ces villages, taillés en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existent encore aujourd’hui.

71- Le Fraisse, (paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
Ce village, taillé en 1352 pour la chatelenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

72- Ribeyre
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, n'a pas pu être localisé. Beaucoup de terroirs porte ce nom.

73- La Souchère, (paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

74- Jaucerandie
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, n'a pas pu être localisé.

75- La Grange, (paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

76- Farge, (paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

77- Montmorand, (paroisse de Dorange)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

78- Fontcourbe, (paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
Ce village, taillé en 1352 pour la chatelenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

79- Chazalet
Ce village, peuplé par des familles "de Lostrevy" et "de Farges" au XIVe siècle, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, n'a pas pu être localisé avec une précision satisfaisante.

80- Curange,(paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
Civanghas au XIVe siècle.
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, subsistait sous forme de ruines au début du XIXe siècle. Il fut remplacé par celui de la Planèze de l'autre côté du ruisseau de Marchaud.

82- Le Champ, (paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

83- La Bardelle, (paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

84- Le Boucheron, (paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

85- Le Faux, (paroisse de St-Bonnet-le-Bourg)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

86- La Guele, (paroisse de Dorange)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

87- Le Mazel
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, n'a pas pu être localisé.

88- Le Montel, (paroisse de St-Germain-l'Herm)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

89- Les Vialettes, (paroisse de St-Germain-l'Herm)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.

90- La Taleyre, (paroisse de Dorange)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, indiqué sur la carte de Cassini, simple domaine à l'époque moderne, disparaîtra au cours du XVIIIe siècle.

90- Le Boucheron, (paroisse de Dorange)
Ce village existe encore aujourd'hui.
Il n'apparaît pas sur le rôle de taille de 1352 car il est domaine noble affranchi de la taille au 4 cas par Pierre Maurice, seigneur de Saint-Bonnet.
Guillaume de Boucheron est d’ailleurs seigneur du Boucheron en 1336.

92- Le Roussillac & 93- le Redondet, (paroisse de Novacelles)
Ces villages existent encore aujourd'hui.
Ils n'apparaissent pas sur le rôle de taille car ils constituaient des fiefs. Ainsi en 1336 Guillaume Comte, sire de Roussillac, rend hommage au seigneur de Saint-Bonnet pour divers cens.

94- Etuy, (paroisse de Novacelles)
Ce village, taillé en 1352 pour la châtellenie de St Bonnet, existe encore aujourd’hui.
Par Simon Rodier - Publié dans : Terroirs et territoires
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